Vivre autrement

Bon, au-delà du titre pompeux, je voudrais faire une série d’articles sur les moyens que nous avons de vivre autrement à l’heure actuelle.

La première question que l’on peut se poser est bien naturellement: Pourquoi faudrait-il vivre autrement?

La réponse est simple: notre mode de vie actuel n’est pas durable, simplement parce que les ressources naturelles sur lesquelles il repose ne sont pas illimitées.
(petite parenthèse: vous pouvez avoir une idée de votre empreinte écologique grace à ce site)

De deux choses l’une, soit on tente de nier l’évidence et l’on continue à croire aveuglement en une économie de marché qui finira logiquement par considérer les besoins élémentaires comme autant de marchés (on n’en est déjà pas très loin), ceci au risque évident d’un “clash” gigantesque lorsqu’on finira dans le mur; soit l’on accepte le fait que nous ne pouvons pas continuer à vivre comme nous le faisons et l’on réflechit à des alternatives possibles avec l’idée de réduire l’ampleur du “clash” qui nous attend.

I. Renoncer à la télévision

En ce sens, la première chose à faire est de changer les esprits en se libérant des mass-media qui nous poussent au consumérisme. Le premier d’entre-eux est bien évidemment la télévision.
Entendons-nous bien, ce n’est pas la télévision en tant que telle que je condamne. Elle peut avoir un rôle dans l’édification populaire. Non, ce que je condamne c’est son asservissement total à la publicité et à la marchandisation de manière générale, qui la transforme en medium totalement passif, ne cherchant plus qu’à vendre du temps de cerveau humain disponible aux annonceurs.

Bien sur la publicité est pervasive et, telle un cancer de notre société, elle s’est répandue jusque dans les moindres recoins de nos vies. Se couper de la télévision ne permet pas de lui échapper entièrement; mais j’ai constaté que la télévision, medium assoçiant le son à l’image, était beaucoup plus efficace que les autres (son ou image), et par conséquent, la supprimer permettait de diminuer l’intensité de l’agression publicitaire.

Par ailleurs, la soumission de la télévision (et des autres medias également) aux annonceurs publicitaires implique également la volonté de celle-ci d’éviter tout sujet qui pourrait les fâcher, créant ainsi une forme de discours unique et évitant de la sorte toute remise en question du modèle de société dans laquelle nous vivons.

Le télévision est une prison pour notre esprit; une prison d’autant plus pernicieuse qu’au travers la multiplication des chaînes (terme approprié s’il en est ;) et des programmes elle veut nous faire croire que nous avons le choix. Le seul véritable choix que nous ayons est de l’éteindre… ou pas.

II. Eviter la voiture

De nouveau, une précaution liminaire, ce n’est pas la voiture en tant que telle que je blame mais son usage intensif en tant que véhicule individuel… Il est nécessaire de bien dissocier la technologie de son usage ;)

Qu’est-ce qui me pousse à refuser la voiture en ville? Plusieurs éléments justifient cette attitude:
1/ la très grande majorité des véhicules circulant en ville ne servent qu’a transporter une personne, le conducteur, avec pour conséquence une augmentation constante du trafic et par conséquent une augmentation des bouchons, des accidents et de la pollution…
2/ l’utilisation d’un véhicule individuel participe à la déshumanisation croissante de notre société. Il n’y a qu’a constater l’égoïsme latent de la majorité des conducteurs…
3/ la voiture rend paresseux (en tout cas c’est une constatation personnelle ;)

Je sais que les transports en commun ne sont pas parfaits, loin s’en faut et je ne suis pas pour une interdiction pure et simple de la voiture en ville (qui serait certainement aussi illusoire que de voir le code de la route strictement appliqué…). Je militerais plutot pour une règle du style “pas plus de deux roues par personne” en conjonction avec une politique favorisant des modes de transport alternatifs à la voiture (vélo, zones piétonnières, transports en commun gratuits, …)

Evidemment, pour beaucoup, la voiture reste synonyme de liberté; mais de quelle liberté s’agit-il? De celle de se retrouver coincé dans les bouchons? De celle de s’énerver sur les fous du volant qui mettent tout le monde en danger? De celle de dépenser un part considérable de son budget en assurances, essence, entretiens, etc.? De celle de tourner en rond pendant des dizaines de minutes afin de trouver une place de parking? De celle de pouvoir polluer librement?

J’ai eu l’occasion d’utiliser régulièrement la voiture pendant une période d’un peu plus de six mois et, personnellement, le stress que cela a généré a été très largement supérieur à celui que j’ai vécu pendant les dizaines d’années ou j’ai emprunté les transports en commun…

III. Produire et consommer localement

Ce troisième (et pour l’instant dernier) volet de ma refléxion sur comment vivre autrement est sans doute aussi le plus difficile à mettre en oeuvre, essentiellement parce que nous ne disposons pas de toutes les informations nécessaires pour faire nos choix.

La refléxion de base n’est, somme toute, qu’une certaine forme de bon sens. En effet, n’est-il pas absurde d’envoyer des langoustines pêchées en mer d’Ecosse en Thaïlande avant de les retrouver dans nos assiettes? Ou encore, est-il logique qu’une entreprise française nous vende des poulets brésiliens?

A l’heure où nous allons devoir affronter le manque de certaines matières premières essentielles à notre mode de vie, et son corrollaire, à savoir la destruction de notre écosystème, il me semble naturel de vouloir privilégier la consommation de produits entièrement locaux1.

Cela semble simple sur le papier; mais finalement assez difficile à réaliser. En effet, la plupart des produits affichent l’origine mais assez rarement le chemin suivi jusqu’à son point de vente. De plus, cela peut également impliquer des choix cornéliens, du genre: produit bio/équitable lointain ou produit non-bio/non-équitable mais produit localement?

D’autre part, consommer localement implique nécessairement de produire localement. Et là les choses se compliquent… En effet, comment favoriser efficacement la production locale, et, plus important encore, comment m’assurer que je peux produire (ou travailler) localement? Car si j’ai personnellement la chance d’habiter un “bassin d’emploi” pour mon secteur, je connais des gens qui font quotidiennement plus de 100 km juste pour se rendre sur leur lieu de travail…

A nouveau, c’est tout notre système de production et de consommation qu’il nous faudrait revoir…
Casser le système concentrationnaire (zonings industriels, banlieues, grandes surfaces, …) dans lequel nous survivons plus que nous ne vivons…
Changer notre logique consumériste qui nous pousse à acheter toujours plus pour en jouir toujours moins2

  1. quand je dis entièrement locaux, j’entends par la le fait que l’ensemble de la filière de production se situe à proximité de son lieu de vente []
  2. “travailler plus pour gagner plus”? Et pourquoi pas travailler moins pour vivre mieux? []