Don’t Go To Travel

Voici une petite mésaventure qui s’est déroulée en 2006 et que j’ai déjà narrée ici, ici et

Notre groupe de sept personnes (dont deux personnes de Paris) décide de s’inscrire pour un séjour d’une semaine aux Ménuires sur le site de l’agence GoTo Travel (je vais pas mettre de lien vers le site parce qu’ils ne le méritent pas). Notre inscription est enregistrée et nous recevons les formulaires de virement et nous payons.

Quelques jours avant le départ, n’ayant toujours reçu aucune information concernant celui-ci. l’un d’entre-nous contacte alors l’agence qui, d’une part lui annonce qu’il n’y a pas d’appartement 7 personnes et que donc nous devrons nous contenter d’un appartement 6 personnes avec un matelas supplementaire, et d’autre part, que le départ s’effectue le vendredi à 17h. Bon passons sur le fait que ce n’est pas une heure vraiment pensée pour des employés; nous avons tous réussis à nous arranger pour être au rendez-vous un peu avant 17h.

Sur le parking Delta (le lieu du rendez-vous) pas de bus; mais un autre groupe d’un autre voyagiste qui attend aussi un bus; mais eux ne vont pas aux Ménuires. Un peu après 17h, nous aperçevons une personne de l’agence qui nous remet les documents que nous aurions dû recevoir par courier mais qui ne sont jamais arrivés car ils n’avaient apparemment pas timbré suffisamment et nous annonce que le bus sera là dans 5 minutes…

Vers 17h45 le bus arrive enfin. Au moment de nous embarquer, on nous explique qu’en fait le bus va à Paris où nous devrons changer de bus, ce qui explique pourquoi nous le partageons avec un groupe ayant une autre destination.
Nos amis parisiens sont ravis d’apprendre qu’ils ont fait le trajet Paris-Bruxelles pour rien…

Quoi qu’il en soit, nous voici parti en direction de Paris; mais évidemment, vendredi à 18h, la sortie de Bruxelles est difficile; et nous commencons à nous demander si le bus que nous devons prendre à Paris nous attendra…

Le trajet Bruxelles-Paris se passe sans grand problème et nous arrivons à la gare routière de Paris vers 22h15 où nous descendons. Sur le quai, personne pour nous guider vers notre bus. Nous partons aux informations et finissons par trouver notre accompagnatrice pour le prochain bus qui nous informe que le bus sera là dans 5 minutes (air connu). Au-moins nous sommes rassurés sur un point, le bus ne partira pas sans nous.

Le bus arrive finalement un peu avant 23h. En embarquant, nous discutons avec des parisiens et nous apprenons qu’en fait, le départ était prévu pour 22h et qu’eux attendent dans le froid depuis 21h30.
Une fois installés, l’accompagnatrice nous annonce qu’il est interdit de boire et manger dans le car, que les toilettes ne sont pas en bon état et donc à réserver aux urgences et qu’on fera un arrêt toutes les 4 heures.

Nous quittons Paris vers 23h, donc 23+4 = 3 heures du matin. Le bus s’arrête effectivement à 3h et certains se précipitent vers la porte pour s’entendre dire par les chauffeurs, qu’en fait ils ne font pas d’arrêt, ils changent simplement de chauffeurs et qu’il n’y a pas d’arrêt prévu entre minuit et 6h du matin.
C’est évidemment le tollé dans le bus. Les chauffeurs décident donc de quand même s’arrêter à une station-service pour une petite pause pipi/cloppe.

Nous repartons et essayons de trouver le sommeil, ce qui n’est pas facile étant donné que les chauffeurs tenaient à nous faire partager leur amour de radio Nostalgie; mais au moment où je commençais enfin à m’assoupir, le bus s’arrête, les lumières s’allument et les chauffeurs demandent à tous le monde de sortir. En effet, il est 6h et c’est l’heure de leur pause petit-déjeûner… Pas moyen de négocier pour laisser les dormeurs dans le car, tout le monde se retrouve dans une station-service…

Nous repartons vers 6h30 et je parviens enfin à grapiller quelques minutes de sommeil. Vers 8h30, j’ouvre les yeux et constate aux cimes enneigées que nous approchons enfin du but. C’était sans compter sur le professionnalisme de nos chauffeurs aidés de leur GPS. En effet, ils commencent par s’engager dans un parking réservé aux voitures. Faire demi-tour dans cet espace restreint leur a bien pris 15-20 minutes.
Nous arrivons enfin au niveau de la gare routière; mais, probablement pour nous faire plaisir, nous continuons avec l’idée de nous débarquer à hauteur des Bruyères (sur le haut de la station où nous devions être logés). Manque de bol, le chauffeur n’aperçoit pas le panneau indiquant les Bruyères et poursuit sa route vers la station suivante: Val-Thorens. Ce n’est que sous l’insistance des passagers qu’il accepte de faire demi-tour et, toujours guidé par ceux-ci, nous arrivons enfin aux Bruyères. Il est 9h30.

Nous sommes arrivés sur place; mais pas encore à la fin de nos surprises…

L’accompagnatrice nous announce alors que le guide de la station va nous prendre en charge à notre descente du car et elle nous remet le voucher pour le retour en car du samedi suivant.
Première surprise, alors qu’il est habituel (et d’ailleurs indiqué dans la brochure) que le départ s’effectue de la station le samedi après-midi avec une arrivée prévue le dimanche matin vers 6h00; notre départ est fixé au samedi à 9h du matin. Nous pensons pouvoir arranger l’histoire avec le guide le station; mais cette dernière nous explique qu’elle ne s’occupe pas de notre groupe. Sait-elle où sont les personnes sensées nous prendre en charge ici? Elle ne sait pas. Nous retournons voir l’accompagnatrice du car, elle ne sait pas non plus.
Là, il faut avouer que les esprits s’échauffent dans notre groupe. Rappelons que nous sommes partis la veille et que nous avons à peine dormi dans le car et que depuis notre départ nous enchaînons mauvaise surprise sur mauvaise surprise… Et que, pour le moment, nous nous retrouvons seuls et sans indications dans cette station.
Après des palabres pour le moins animés (qui ont même suscités l’intervention d’un policier municipal), l’accompagnatrice du car, “se rappelle” qu’elle a un numéro de quelque de GoTo Travel sur place. Bref, après plusieurs coups de fils, le contact avec les guides de GTT s’effectue tant bien que mal. Leur première réaction étant “mais qui êtes-vous, que faites-vous là”, cela n’augurait rien de bon. En effet, nous leur proposons de nous diriger directement vers notre immeuble (puisque nous étions sensés loger sur le haut de la station); mais pas du tout, nous sommes en fait logés à l’autre extrémité de la station, tout en bas…
Nous attendons nos désormais traditionnelles 5 minutes GTT que nos joyeux drilles nous rejoignent, et commencons par les engueuler copieusement. Ils n’y sont bien sur pour rien; mais ca fait du bien. Ils nous laissent espérer que l’heure du départ peut effectivement changer et entreprennent de nous expliquer comment rejoindre le bas de la station. Simple, il suffit de prendre la navette jusqu’à la gare routière (oui, oui, celle que nous avons dépassé pour nous arrêter aux Bruyères), puis de monter dans la galerie commerciale et de la longer jusqu’à des “oeufs” qui amènent vers le bas de la station.
Il est à peu près 11h30 et, bien sur, notre appartement n’est pas disponible avant 15h30. Les guides nous proposent de poser nos bagages dans la bagagerie de leur immeuble et d’aller déjà chercher notre matériel de ski. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Certains d’entre-nous décident alors de partir explorer les pistes; mais étant personnellement trop fatigué par cet ereintant voyage, je préfère suivre le groupe qui choisit l’option vin chaud ;)

Vers 15h30, nous retrouvons nos joyeux drilles qui nous donnent les clés de notre appartement et nous expliquent qu’il se trouve dans un immeuble à peu près 500 mètres en contrebas, en traversant un parking verglacé. Nous transportons nos bagages tant bien que mal et nous installons, ou plutôt entassons dans ce minuscule appartement. Nos joyeux drilles nous apportent les ski-pass et diverses infos concernant le séjour; mais pas les informations sur les cours de ski que deux d’entre-nous ont pris. Ils ne les auront que le dimanche soir, c’est-à-dire après avoir raté une journée de cours…

Comme nous décidons de ne pas prendre part aux activités organisées par GTT sur place, notre séjour se déroule sans problème majeur; mais, malgré nos appels insistants à l’agence, nous n’obtenons pas de pouvoir modifier l’heure du départ le samedi…

Nous voilà donc vendredi soir, notre joyeuse accompagnatrice vient nous rendre visite pour nous expliquer comment se passe le départ. Nous devons prendre le bus à 9h à la gare routière; mais avant il est impératif de bien tout nettoyer et ranger car ils sont exigeants avec la garantie. Nous fixons également un rendez-vous avec elle afin de lui remettre les clés de l’appartement: à 8h30 pratiquement devant son immeuble (situé à côté des “oeufs” que nous devons prendre pour remonter vers la gare routière).
Après son départ nous nous répartissons les tâches à accomplir le lendemain matin. Le réveil est fixé à 6h30.
Force m’est d’avouer que notre organisation fut très bonne. Nous avons réussi à quitter l’appartement dans les temps impartis et nous retrouvons sur le lieu de rendez-vous pour remettre les clés à notre joyeuse accompagnatrice. Hélas, celle-ci ne pointe pas le bout de son nez. Après plusieurs minutes d’attente, une partie de notre groupe monte déjà vers la gare routière, histoire que le bus ne parte pas sans nous. Il apparaîtra que l’accompagnatrice n’arrivera jamais et la partie du groupe restée en arrière ne trouve pas d’autre solution que de laisser les clés à l’accueil de notre immeuble.

Bref, nous voilà finalement tous réunis pour attendre l’arrivée du bus à la gare routière, ce dernier arrive en effet vers 9h30. Nous embarquons et constatons avec une certaine joie crainte qu’il s’agit des mêmes chauffeurs qui nous avaient amenés avec un tel brio jusqu’à la station…

Cette crainte sera justifiée; en effet, il neige pendant que le bus descend vers la vallée, et même, il neige de plus en plus, nous voyons de nombreux véhicules s’arrêter sur le côté de la route pour remettre leurs chaînes. A un certain moment, le chauffeur décide que la route glisse trop et s’arrête, au milieu de la route. Va-t-il mettre des chaînes? Nenni, le livre saint règlement stipule qu’on ne peut mettre de chaînes en descente…
Donc, nous voilà immobilisés au milieu d’une petite route de montagne. Bien sur, les automobilistes nous doublent pour descendre, excepté un 4×4 qui rate probablement sa manoeuvre et finit par toucher l’arrière du bus. Un des chauffeurs sort pour établir le constat. Pendant ce temps, nous faisons remarquer à l’autre chauffeur que non seulement les voitures nous doublent en descendant; mais d’autres bus aussi. Il décide alors de reprendre la route, apparemment avant que le constat ne soit terminé, car nous entendons l’autre chauffeur s’entretenir avec la propriétaire du 4×4 en lui sommant de nous retrouver à la gare de Moutiers (la ville qui se trouve dans la vallée) car sinon il “porte plainte pour délit de fuite et non-assistance à personne en danger”. Ah, nous étions donc en danger?
Après de longues minutes, nous arrivons enfin à la gare de Moutiers où, à ma grande surprise, nous ne nous arrêtons pas pour terminer le constat; mais bien pour embarquer d’autres passagers. Nous repartons avant que la propriétaire du 4×4 n’ait pu nous rejoindre, ce qui donne à nouveau lieu à des échanges téléphoniques et un nouveau rendez-vous est fixé dans une station-service où le 4×4 parvient enfin et le constat peut-être terminé.
Nous repartons, avec déjà plusieurs heures de retard, ce qui ne manque pas de nous inquiéter, car les chauffeurs ont annoncé qu’ils ne pouvaient conduire que 8h chacun, soit un total de 16h, et qu’ils étaient partis à 6h ce matin. Ce qui fait qu’à 22h, ils doivent s’arrêter pour dormir 8h. Qu’adviendra-t-il de nous en pareille circonstance? Nul ne le sait…
Notre inquiétude croît d’autant plus qu’en discutant avec un groupe qui avait déjà pris le bus sur l’entièreté du trajet aller, nous apprend que le trajet comporte d’autres étapes que Paris et Bruxelles, puisqu’ils s’étaient arrêtés à Lille et à Gand…

Nouvelle surprise lorsque nous voyons le bus prendre la sortie vers Chambéry. Il est plein, donc pas question d’embarquer d’autres passagers; débarquerions-nous des gens? Pas du tout, en surprenant la conversation téléphonique d’un des chauffeurs, nous comprenons que l’autre chauffeur a oublié son portable à l’hôtel où ils logeaient à Chambéry et nous ne faisons que passer le récupérer… Qu’importe si nous sommes déjà très très en retard.

Vers 14h45 nous nous arrêtons dans une station-service pour une pause de “3/4h”. L’occasion d’aller faire un tour aux toilettes; hélas, elles semblent fort sollicitées et comme une passerelle nous permet d’aller à la station de l’autre côté de l’autoroute nous décidons, avec succès, d’y tenter notre chance. Cette station-service-là me paraît étrangement familière, et pour cause, c’est là que nous nous étions arrêtés à 6h du matin à l’aller. Or à l’aller, de cette station-service, nous n’étions plus qu’à 3h de route de la station. De là, une déduction toute simple nous permet de constater que nous avons déjà 3 heures de retard. Je retourne dans le bus vers 15h15, juste à temps pour constater que celui-ci voulait déjà reprendre la route et c’est sur nos cris que les chauffeurs décident d’attendre les malheureux “retardataires” qui croyait vraiment avoir 45 minutes de pause…

Nous reprenons finalement la route avec tout le monde à bord; mais c’est pour tomber dans des gros embouteillages. Nous roulons au pas. Voyant l’heure défiler, nous nous inquiétons auprès des chauffeurs de savoir ce qui va se passer lorsque leurs 16 heures de conduite seront écoulées. Ils nous expliquent qu’ils vont appeler leur patron et que si celui-ci les couvre, ils continueront à rouler… Rassurant…
D’autant plus qu’ils ne font que nous affirmer leur talent de routiers. En effet, sans doute pour gagner quelques précieuses minutes à un péage, le chauffeur choisit une des files les plus à droite où il n’y avait pratiquement pas de file. Et pour cause, il s’agissait en réalité d’une sortie. Qu’importe, une petite marche arrière pour se remettre dans une file et le tour est joué…

Vers 21h30 nous arrivons au dernier péage avant Paris où le bus s’arrête, histoire de débarquer quelques personnes qui habitent dans la région et nous en profitons pour faire une rapide pause pipi (mais certains restent dans le bus pour s’assurer qu’il ne partira pas sans nous), car c’est notre premier arrêt depuis la pause susmentionnée…

A 22h nous arrivons enfin à Paris, nous nous arrêtons à l’extérieur de la gare routière, les parisiens débarquent rapidement et nous voilà repartis, direction Lille. Nous y arrivons vers 0h20 et débarquons les lillois. Nous voilà repartis en direction de Gand. Le chauffeur semble hésiter à prendre un embranchement, du coup il s’arrête en plein milieu de l’autoroute, les 4 feux clignotants, histoire de retrouver son chemin. Fort heureusement, il n’y a pas trop de circulation dans la périphérie de Lille vers minuit trente…

Je commence à m’assoupir; mais je me réveille pour voir les gantois débarquer rapidement et nous voilà reparti pour la destination finale: Bruxelles. Nous ne sommes plus que treize dans le bus; mais heureusement, cela ne nous portera pas malheur, car à 2h30, nous arrivons enfin à destination sur le parking Delta après 17 heures de route.

Pendant que nous descendons et reprenons nos bagages, les chauffeurs “nettoyent” leur bus, c’est-à-dire vident tout ce qu’ils trouvent sur le parking. Ils repartent en laissant derrière eux un monticule de déchets sous nos yeux indignés…

C’est la fin d’un beau voyage qui, à défaut d’avoir été agréable, nous laissera certainement un souvenir impérissable…
Vous savez maintenant où vous adresser pour pouvoir vivre de vraies aventures près de chez vous.