Sur le FLN…

On le sait, on célèbre cette année le 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Et si cette dernière s’est faite, c’est en bonne partie grâce au Front de Libération Nationale.

Pour autant, il est toujours bon de rappeler que celui-ci n’a pas été exempt de reproches et qu’il n’a pas hésité à s’en prendre à des Algériens pour asseoir sa prééminence sur le mouvement de libération.

Pour preuve, cet appel d’Albert Camus en octobre 1957, paru dans la Révolution Prolétarienne au moment où sévit une vague d’attentats contre des syndicalistes algériens revendiqués par le FLN:

Puisque je m’adresse à des syndicalistes, j’ai une question à leur poser et à me poser. Allons-nous laisser assassiner les meilleurs militants syndicalistes algériens par une organisation qui semble vouloir conquérir, au moyen de l’assassinat, la direction totalitaire du mouvement algérien? Les cadres algériens, dont l’Algérie de demain, quelle qu’elle soit, ne pourra se passer, sont rarissimes (et nous avons nos responsabilités dans cet état de choses). Mais parmi eux, au premier plan, sont les militants syndicalistes. On les tue les uns après les autres, et à chaque militant qui tombe, l’avenir algérien s’enfonce un peu plus dans la nuit. Il faut le dire au-moins, et le plus haut possible, pour empêcher que l’anticolonialisme devienne la bonne conscience qui justifie tout, et d’abord les tueurs.1

J’ai le sentiment que notre époque manque singulièrement d’une personnalité comme celle de Camus…

  1. cité dans Lou Marin, Albert Camus et les libertaires, Egrégores éditions, 2008, p.296-297. []

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