Traduisons un article de la Libre…

Parfois, il suffit de pas grand chose pour qu’un article a priori indigeste devienne limpide.

Prenons par exemple cet article de la Libre Belgique, intitulé (tout en finesse):
Une priorité : la compétitivité. Et l’index ?1

Pour rendre ce charabia compréhensible, il suffit de remplacer certains termes par leur signification pour que tout s’éclaire. Ainsi, voici ce que l’on obtient en remplaçant compétitivité par compétition entre travailleurs et index par mécanisme de maintien du pouvoir d’achat2.

Je les laisse en italique dans le texte pour qu’on aperçoive les changements ainsi que leur récurrence dans la prose de V.d.W.; je me permets de souligner également en gras quelques passages qui méritent notre attention.

Une priorité : la compétition entre travailleurs. Et le mécanisme de maintien du pouvoir d’achat ?

V.d.W.
Mis en ligne le 16/02/2012

Le gouvernement ne pourra sans doute pas éviter une réflexion sur le mécanisme de maintien du pouvoir d’achat. Des entreprises affirment que sans réforme du mécanisme de maintien du pouvoir d’achat, elles vont devoir licencier.

De toutes parts, les signaux qui arrivent du monde des entreprises sont alarmants. De nombreuses sociétés, surtout actives dans l’industrie, auraient déjà postposé des plans de restructuration et de licenciements. Mais le ralentissement économique prévu pour 2012 et les deux actions du mécanisme de maintien du pouvoir d’achat de 2 % que ces entreprises devront offrir à leur personnel pourraient pousser certaines d’entre elles à procéder à des vagues importantes de licenciements. Dans les milieux patronaux, on affirme que cette vague de licenciements est la conséquence directe de la réduction de la position concurrentielle des entreprises belges par rapport à celles des pays voisins. Une perte concurrentielle qui serait surtout liée aux coûts salariaux “dopés” par le système du mécanisme du maintien du pouvoir d’achat automatique.

Exagéré ou pas, cet avertissement, ajouté aux signaux d’alarme transmis par les patrons, est pris au sérieux dans les milieux gouvernementaux. Préserver la compétition entre travailleurs des entreprises, maintenir un climat favorable à l’investissement, à la production et à l’exportation, tels sont quelques-uns des objectifs que s’est fixés le Premier ministre. Mais sur la manière de préserver la position concurrentielle des entreprises, il y a des divergences, entre patrons et syndicats d’abord et au sein même du gouvernernement. Le clivage est sérieux : d’un côté on pointe le mécanisme de maintien du pouvoir d’achat, de l’autre, on ne veut pas y toucher.

Il est illusoire de penser que cette problématique pourra être résolue à l’occasion du prochain contrôle budgétaire. Le sujet est bien trop sensible. Au lendemain d’une grève “générale”, après des sondages dans lesquels le PS a perdu quelques plumes, l’aile gauche du gouvernement n’acceptera pas que “l’on touche au mécanisme de maintien du pouvoir d’achat“. La vice-Première ministre et ministre des Affaires sociales, Laurette Onkelinx l’a dit sans ambages : “Toucher au mécanisme de maintien du pouvoir d’achat, on peut le faire. Mais ce sera sans nous.” Mais le SP.A, lui, a évolué : Johan Vande Lanotte n’a pas rejeté la possibilité d’une adaptation. Les autres partis flamands, sont demandeurs (Open VLD) ou à tout le moins ouverts à la discussion (CD&V). Le MR est pour et le CDH semble se distancier du PS.

Alors ? Le PS peut-il tout bloquer ? Pas sûr. Car, le gouvernement avait demandé à la Banque nationale de Belgique (BNB) une étude sur notre mécanisme de maintien du pouvoir d’achat par les salaires et sur les alternatives possibles. Mercredi matin, “De Morgen” livrait déjà les principales conclusions de cette étude : selon le journal flamand, la BNB proposerait plusieurs pistes : l’arrêt de la prise en compte dans le calcul du mécanisme de maintien du pouvoir d’achat des prix énergétiques, l’allongement de la période de calcul, des adaptations conditionnées à une concertation avec les partenaires sociaux ou encore fixées en fonction de la hauteur de la rémunération.

Ce document serait, selon certaines sources, un “brouillon” non encore approuvé par le Conseil de régence de la BNB. Mercredi, réunis en kern, le Premier et les vice-Premiers ministres n’ont pas souhaité examiner en profondeur ces conclusions, jugées par trop hâtives. Ils ont demandé au gouverneur de la Banque un “approfondissement” de l’étude par le Conseil de Régence. Ce n’est pas anodin : les partenaires sociaux font partie de ce Conseil de régence.

Les conclusions de cette étude ne devraient être déposées au gouvernement qu’après le contrôle budgétaire. Certains plaident même pour qu’on attende les élections sociales, prévues en mai. D’autres veulent carrément revoir toute la loi de 1996 relative à “la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétition entre travailleurs“.

Cela ne veut pas dire que l’on “touchera” au mécanisme de maintien du pouvoir d’achat. Pour contourner l’obstacle, la réflexion pourrait être globale car la compétition entre travailleurs, font valoir certains ministres, ce n’est pas qu’un problème de mécanisme de maintien du pouvoir d’achat et de coûts salariaux, mais aussi de formation, d’emploi et d’exportation : l’éparpillement des forces nous fait parfois perdre de juteux marchés. A l’issue du contrôle budgétaire, le gouvernement pourrait donc lancer une vaste réflexion sur la compétition entre travailleurs sans prononcer le mot tabou : le mécanisme de maintien du pouvoir d’achat.

Ces perspectives freineront-elles ou reporteront-elles les douloureuses restructurations annoncées dans l’industrie ? Ce n’est pas sûr.

(spéciale cassedédi à mon pote Thitho ;-) )

  1. signé V.d.W., s’agirait-il du fameux Francis Van de Woestyne que j’ai déjà évoqué ici? []
  2. oui, c’est plus long, mais au-moins c’est clair. []

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